Guérir naturellement une inflammation au genou

Par Christian Möllenhoff – publié le 10 juillet 2019

Homme avec inflammation au genou

Il y a de cela quelques années, je souffrais d’une inflammation méniscale aux genoux qui m’empêchait de fléchir les jambes au-delà de 90°. Cet état a perduré plus d’un an et demi et le traitement proposé par mon médecin du sport n’a pas aidé. Je retrace ici comment j’ai finalement guéri naturellement mes ménisques tout seul, grâce au yoga, à la méditation, à l’exercice physique et à un programme diététique.

Les origines du problème

Quand mon premier fils était petit, je suis, comme tout parent, passé par une période où j’avais très peu de temps pour moi. Un vieux souci de genou a commencé à s’aggraver. D’abord lentement, puis très vite. Et subitement je me suis retrouvé avec une jambe que je ne pouvais plus flechir.

J’avais déjà rencontré ce problème dix ans plus tôt. Une nuit, j’avais eu une fièvre très importante et m’étais réveillé le lendemain avec des douleurs aux genoux. Un podologue m’avait alors expliqué que l’angle entre mes pieds et mes jambes provoquait une pression anormale sur mes ménisques, ce qui pouvait occasionner ce soucis. Je soupçonne qu’une pratique imprudente d’une posture de méditation particulièrement difficile, mulabandhasana, y ai contribué.

Heureusement, à cette époque, j’habitais un ashram. Grâce au yoga, cette condition s’est améliorée en quelques mois pour finalement disparaître totalement durant une retraite d’un mois de pratique poussée. Dans ces conditions, guérir naturellement une inflammation est facile.

Pour cette deuxième fois, mes conditions de vie n’étaient plus du tout les mêmes. Avec mes obligations familiales, je savais que je ne disposais pas du temps nécessaire pour mettre en place une pratique suffisamment efficace pour me guérir.

Le médecin du sport

Je me suis décidé à voir un médecin du sport. Un ami m’avait recommandé un spécialiste hautement qualifié, médecin de l’équipe nationale d’un sport populaire. Après quelques examens, radiographie, échographie et IRM, il a été diagnostiqué que le ménisque de ma jambe gauche était fissuré et enflammé, un cas classique selon ce médecin.

Avant, il était d’usage d’opérer pour ce type de problème orthopédique, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui, m’a t-il informé. On préférait pratiquer une infiltration de corticoïdes (action anti-inflammatoire). C’est ainsi qu’on soigne les athlètes de haut niveau, m’a t-il expliqué. Si cette injection ne fonctionnait pas, on pourrait éventuellement considérer une opération, mais le résultat serait de toute façon douteux car mieux vaut garder le ménisque intact autant que possible afin d’éviter une usure des os à long terme.

Je suis sceptique quant aux médicaments et à vrai dire, je n’avais pas très envie de cette injection. Une opération encore moins. Si les conditions avaient été plus favorables j’aurai préféré guérir naturellement l’inflammation. J’ai quand même eu cette infiltration au milieu de mon genou. Elle devrait prendre effet sous quelques semaines.

En attendant que le produit agisse, j’ai joué avec mon fils à la piscine. Et lors d’un faux mouvement effectué dans l’eau, j’ai ressenti que quelque chose s’était passé au niveau du genou de l’autre jambe. Une deuxième IRM révéla que j’avais maintenant les deux ménisques fissurés et enflammés. L’état de l’autre genou était même pire que le premier et au delà de 90° de flexion je ressentais une forte douleur. Un kyste s’était formé à l’intérieur du genou suite à l’épanchement du liquide synovial.

L’échec de la médecine traditionnelle occidentale

Je n’ai pas observé d’effet bénéfique de l’injection ; peut-être est-ce partiellement dû à un placebo négatif relatif à mes hésitations quant aux traitements médicamenteux, qui sait ? Comme je n’étais pas favorable à une intervention chirurgicale, il me fallait envisager d’autres alternatives. Mon médecin du sport disait que les traitements à base de plantes n’étaient pas efficaces. J’étais déçu du résultat de son intervention, j’aurai eu plaisir à lui prouver qu’il avait tort.

Le centre ayurvedique

Depuis plusieurs années, j’étais curieux d’expérimenter l’ayurveda. C’était donc le moment idéal pour tester cette médecine dans une situation de besoin réel. J’aime bien faire les choses soigneusement et après avoir discuté avec ma femme (qui est aussi professeure de yoga et de méditation) nous avons décidé de passer nos vacances familiales d’un mois dans un centre de traitement ayurvédique dans le Kerala en Inde. Un mois est le temps recommandé pour obtenir de bons résultats.

J’ai beaucoup aimé le centre, le rythme monotone de la vie, l’équipe absolument aimable, les enfants dans le village d’à côté. J’ai aussi apprécié la nourriture, ce qui n’était pas le cas de tous les autres résidents. Pour être sûr de profiter pleinement de ce séjour, j’ai éteint mon portable et mon ordinateur et me suis déconnecté entièrement du monde extérieur.

Le programme quotidien était assez dense : une heure de yoga le matin, un traitement majeur durant la matinée (par exemple une sorte de massage avec de l’huile médicinale), un traitement supplémentaire l’après-midi, une heure de yoga le soir, médicaments sur mesure trois fois par jour et nourriture personnalisée.

Pour être honnête, je n’ai pas participé au yoga plus d’une fois. C’était un yoga léger pour les néophytes ayant des besoins spécifiques. J’ai pratiqué seul dans ma chambre, mais uniquement une fois par jour pour des raisons de garde d’enfant.

Durant l’entretien initial avec mon médecin personnel, j’avais exposé les quelques problèmes de santé que je voulais cibler durant ce séjour, dont les genoux. Je m’attendais maintenant à obtenir de bons résultats. Si j’étais sceptique quant à la médecine occidentale, j’avais de l’espoir avec l’ayurveda. J’étais assez convaincu que cette discipline serait capable de guérir naturellement une inflammation méniscale. Mais les semaines passaient et l’état de mes genoux ne s’améliorait pas.

En revanche, mon état général était meilleur. J’étais plein d’énergie quelques mois après ce séjour encore, et pour une partie de mes soucis cibles, j’ai remarqué une amélioration considérable. Mais pour les genoux, le bénéfice était négligeable.

L’attente

Après avoir connu ces deux échecs, l’un avec la médecine occidentale, l’autre avec la médecine indienne traditionnelle, je me suis dis que je ne pouvais rien faire pour l’instant. Il me fallait attendre d’avoir le temps de m’en charger moi-même.

Dans cette attente, j’ai fait en sorte de ne pas aggraver l’inflammation. J’ai soigneusement évité de provoquer la douleur. Cela a nécessité d’être à califourchon sur un boudin dur et très haut lorsque je méditais et lors de mon travail d’enseignant de yoga et méditation. J’ai ainsi attendu presque un an et demi, et durant cette période, l’inflammation aux ménisques est restée stable.

Les méthodes qui ont permis la guérison naturelle

Lorsque mon fils est entré à l’école maternelle, j’ai pu reprendre mon sadhana de manière assidue. J’ai convenu avec ma femme de me soustraire des tâches domestiques matinales.

Et, j’ai médité. Il a été prouvé scientifiquement à travers une multitude d’études que la méditation est efficace contre l’inflammation. Méditer permet d’opérer de profonds changements et ce, jusque dans le plan génétique. Certains de nos gènes sont actifs, d’autres sont endormis. La méditation est capable d’inactiver les gènes responsables de l’inflammation.

C’est ainsi que j’ai mis en place un programme de 5 heures de méditation par jour. Je voulais rester dans la simplicité et ai opté pour la méditation sur la respiration naturelle. Au début, j’étais assis sur une chaise ou à cheval sur mon gros boudin.

J’ai réglé une alarme pour sonner toutes les heures. Après chaque heure, je prenais une petite pause pour allonger mes jambes et changer de posture. Le matin, je pratiquais trois ou quatre heures, les heures restantes pour l’après-midi et le soir.

En plus de la méditation, je faisais tous les matins, durant 5 mn environ, trois exercices suggérés par les kinés pour rééduquer les ménisques. Je faisais aussi 10-15 mn d’étirements de tous les muscles des jambes pour les relaxer et maximiser la circulation sanguine.

J’avais également mis en place un rythme d’exercices physiques. Fait connu, le sport diminue l’inflammation. C’est ainsi qu’au moins tous les deux jours, je sortais courir tranquillement 3 à 4 km.

La diète

Le dernier élément de mon programme de guérison naturelle concernait la nourriture. J’avais suivi la diète anti-inflammatoire d’un certain Dr Weil, trouvée en ligne et qui me semblait logique. Ce régime était déjà assez aligné avec mes préférences alimentaires et ce que je savais bénéfique pour mon corps.

Le régime de Dr Weil favorise la nourriture végétarienne simple et variée. La caractéristique la plus marquée est l’absence de sucre et même d’amidon rapide. Tout produit à base de graines raffinées est supprimé. En fait, j’avais quasiment supprimé les graines pour ne conserver que des graines complètes de temps en temps. En bref, j’avais mangé des légumes trois fois par jour.

Le résultat

Comme je l’avais prévu, cet ensemble de mesures s’est avéré efficace. Et après deux ans d’inflammation méniscale chronique, la vitesse de cette guérison m’a surpris. D’un jour à l’autre, je remarquais comment je devenais capable de fléchir les jambes de plus en plus.

Très vite j’ai commencé à m’asseoir dans vajrasana (assis sur les genoux) au lieu de mon vieux boudin, mais avec des couvertures entre les fesses et les talons. La couche de couvertures est devenue de plus en plus fine jusqu’à disparaître entièrement. J’ai progressé très prudemment, et, en peu de temps, j’ai pu porsuivre ma pratique dans d’autres postures de méditation. Après deux mois, j’ai retrouvé ma souplesse d’origine et j’étais à nouveau capable de m’asseoir dans la posture du lotus.

Homma assis dans la posture du lotus.
Après deux mois, j’ai retrouvé ma souplesse d’origine et j’étais à nouveau capable de m’asseoir dans la posture du lotus.

Le pouvoir du corps et de l’esprit de s’auto-guérir est fabuleux lorsque les conditions sont propices et optimales. Avec des changements de mode de vie et des pratiques simples, même les problèmes résistants peuvent trouver guérison. Guérir naturellement une inflammation méniscale chronique, c’est possible.

Ce n’est ici qu’un exemple. Au cours de ma carrière de professeur de yoga, j’ai rencontré nombreuses de ces manifestations d’auto-guérison, et certaines considérablement plus spectaculaires que la mienne.

Remerciements :
Mona Bessaa, pour la relecture.

A propos de l’auteur
Christian Möllenhoff est suédois, il habite en France depuis 2010. Professeur de yoga et de méditation, formateur d’enseignants, il est connu pour ses longues séances et sa pédagogie des plus rigoureuses. Sa connaissance approfondie confère à son enseignement puissance et authenticité. Christian est le professeur principal de l’école Yoga & méditation Paris et le créateur du site Forceful Tranquility où il dispense ses cours en ligne.