Neti – Le lavage du nez
Le lavage du nez, ou jala neti, fait partie des techniques de purification du hatha yoga. Il s’agit de se rincer le nez avec de l’eau tiède salée. Le lavage du nez aide à maintenir le nez en bonne santé, et tout le monde peut en bénéficier.
Bienfaits du lavage du nez (jala neti)
De nombreuses personnes utilisent la douche nasale pour se soulager d’un rhume, d’une grippe ou de réactions allergiques. En utilisant le neti régulièrement, il est possible de diminuer la fréquence des rhumes ainsi que leur durée, ceci a été établi à travers des études médicales.
Le plus pratique est de faire la douche nasale avec un pot de neti conçu à cet effet, également appelé neti pot ou neti lota. Chez Yoga & Méditation Paris, nous recommandons le pot NoseBuddy. Son utilisation est simple : en respirant par la bouche, on verse l’eau à travers le nez. L’eau rince doucement toute la fosse nasale avec sa propre pression. Du mucus, de la poussière et des impuretés sont ainsi évacués. Cela est rafraîchissant, le nez s’ouvre et l’on respire mieux.
Le lavage du nez (neti) dans la tradition du yoga
Les pratiquants de yoga utilisent le lavage du nez à l’eau salée pour maintenir les fosses nasales ouvertes et en bonne santé, en particulier en vue de la pratique du pranayama. Le neti est décrit dans les textes fondateurs du Hatha Yoga.
Dans la tradition du Hatha Yoga tardif (à partir du XVe siècle), les shatkarmas ou shat kriyas sont présentés comme des techniques de purification du corps. Il se décline en deux variations : jala neti, qui se fait avec de l’eau, et sutra neti qui se fait avec un fil enduit de cire. Selon le Hatha Yoga Pradipika, le neti développe la clairvoyance et amène à l’éveil d’ajna chakra.
Le lavage du nez dans la médecine
Le lavage du nez n’est pas seulement connu dans la tradition du yoga. Depuis quelques décennies, il est devenu de plus en plus utilisé par les médecins.
L’institut Karolinska est le plus grand centre de formation et de recherche médicale en Suède. J’ai eu l’occasion d’échanger avec le Professeur Pär Stjärne, médecin chef de clinique, oto-rhino-laryngologiste dans cet établissement. Il recommande à tous ses patients, depuis plus de 20 ans, de se rincer le nez.
« D’un point de vue médical, le lavage du nez soulage l’inflammation de la muqueuse. Une irritation sur cette muqueuse déclenche des réflexes ; le nez coule pour évacuer ce qui excite l’inflammation. Le rinçage du nez aide le corps à dégager ce qui provoque l’inflammation. «
Professeur Pär Stjärne
Muqueuses nasales et cils : comment le neti agit
A la surface des muqueuses olfactives, dans les sinus, les bronches et dans la trompe d’Eustache, se trouvent des poils microscopiques, les cils. Leurs mouvements balayent tout le système respiratoire pour évacuer du mucus et de la poussière, des virus et bactéries. C’est grâce à l’action de ces cils que les muqueuses nasales sont maintenues en bonne santé.
Lors d’une inflammation continue, les cils meurent ce qui affaiblit les muqueuses qui perdent leur intégrité et donc leur capacité de s’auto guérir. Mais avec neti, ce processus peut être stoppé.
La douche nasale, poursuit le Pr Stjärne, aide à maintenir les muqueuses en bonne santé et favorise la production des cellules portant les cils. D’autre part, le neti contribue à maintenir un pH favorable dans les muqueuses.
Ces mécanismes sont aujourd’hui confirmés par la littérature scientifique. Des revues systématiques et des mises à jour cliniques récentes montrent que l’irrigation nasale à l’eau salée améliore la clairance mucociliaire, réduit l’inflammation de la muqueuse et soulage les symptômes dans des affections nasales chroniques, notamment la rhinosinusite. Certaines méta-analyses suggèrent qu’une solution légèrement hypertonique (au-delà de 0,9 %) peut apporter un bénéfice supplémentaire dans des contextes spécifiques, tandis que les solutions isotoniques (dont la concentration en sel est comparable à celle du sang, soit environ 0,9 %) restent les mieux tolérées pour un usage régulier (voir sources scientifiques en fin d’article).
Parmi les nombreux facteurs physiologiques qui influencent les défenses locales des muqueuses, l’équilibre du milieu dans lequel elles fonctionnent joue également un rôle. Si le pH (potentiel hydrogène : indice permettant la mesure du degré d’acidité ou de basicité d’un milieu) des muqueuses devient trop bas, certaines fonctions de défense peuvent être fragilisées, ce qui peut favoriser le développement d’infections respiratoires, comme le rhume. En contribuant à maintenir un environnement physiologique favorable au niveau des muqueuses, le lavage du nez participe indirectement à cet équilibre.
Il arrive que cette question revienne dans les discussions, notamment à la suite d’une étude isolée à effectif limité, publiée au début des années 2000, ayant suggéré qu’une irrigation nasale très fréquente pourrait être associée à une légère augmentation des infections respiratoires. Toutefois, ces résultats n’ont pas été confirmés par les revues systématiques plus récentes, qui continuent de considérer le lavage nasal comme sûr et bénéfique lorsqu’il est pratiqué avec discernement.
Le lavage du nez aide contre les sinusites
Les sinus sont des cavités situées dans l’os crânien derrière le visage. Lorsqu’on se rince le nez, l’eau passe par la fosse nasale mais n’entre pas dans les sinus. Je questionne le Professeur pour savoir si, selon lui, le lavage du nez est quand même bénéfique lors d’une sinusite. Absolument, m’affirme-t-il.
« Le lavage du nez est surtout bénéfique quand il s’agit d’une sinusite chronique. Comme les muqueuses dans le nez et dans les sinus sont reliées et communiquent, une santé renforcée dans les fosses nasales va avoir une influence sur les sinus. C’est d’ailleurs dans les cas de problème chronique que le lavage du nez est le plus efficace. »
Professeur Pär Stjärne
Le lavage du nez, grâce à son effet décongestionnant sur la muqueuse, aide aussi à garder les fins passages entre le nez et les sinus, ouverts. On pourrait supposer que cela contribue à une guérison de la sinusite. Mais il n’existe pas à ce jour d’étude permettant de confirmer cette hypothèse.
Ces observations cliniques sont cohérentes avec les méta-analyses scientifiques récentes, qui montrent que l’irrigation nasale améliore les symptômes et la qualité de vie chez les personnes souffrant de rhinosinusite chronique, même si les mécanismes précis restent partiellement discutés.
Air sec, saignement du nez et pollution
Le lavage du nez humecte les muqueuses. Cela est surtout bénéfique pour les personnes qui passent beaucoup de temps en intérieur, dans un environnement climatisé. Cet air assèche, fragilise et irrite les muqueuses, l’inflammation peut alors apparaître.
Selon le professeur Stjärne, le lavage du nez est encore la meilleure façon de traiter les saignements du nez. Neti est à préférer au lieu de cautériser la blessure. Des bactéries peuvent se dissimuler sous la croûte et empêcher la guérison. Se rincer le nez permet de dissoudre la croûte et d’évacuer les bactéries.
Naturellement, le neti est aussi bénéfique pour les personnes travaillant dans un environnement avec beaucoup de poussières, ou dans une ville polluée.
Respirer par le nez : un enjeu de santé
Le nez filtre l’air que nous respirons, il équilibre sa température et son humidité avant qu’il n’entre dans les poumons. La recherche moderne a aussi relevé que lorsqu’on respire par le nez, un gaz (le monoxyde d’azote), qui est produit dans les sinus, entre dans les poumons avec l’inspiration. Ce gaz dilate les capillaires formés en réseaux au niveau des alvéoles pulmonaires, et permet au sang d’absorber davantage d’oxygène.
Lorsque nous respirons par le nez, le corps conserve aussi plus efficacement son humidité.
Respirer par la bouche par contre, détériore la qualité du sommeil et sur la durée cela peut entraîner des problèmes de concentration et une santé affaiblie. Le lavage du nez aide les personnes qui ont pris l’habitude de respirer par la bouche suite à un nez bouché.
Pour aller plus loin : Lisez notre article sur comment respirer naturellement.
Aller plus loin dans la pratique
Si ces réflexions vous parlent, nous partageons chaque semaine des articles approfondis sur le yoga et la méditation.
Le lavage du nez est-il dangereux ? Contre-indications et précautions
Malgré ces bienfaits, il m’arrive de rencontrer des personnes qui craignent de se rincer le nez. Parfois je rencontre ces mêmes appréhensions exprimées sur Internet. C’est pourquoi j’interroge le professeur Stjärne à ce propos. Selon lui, y-a-t-il des contre-indications à cette pratique ? La réponse est formelle :
Non. Il n’y a aucune raison de ne pas se rincer le nez.
Peut-on utiliser l’eau du robinet pour le lavage du nez ?
Il est important d’utiliser une eau de bonne qualité, sans pour autant tomber dans l’excès. Une eau du robinet potable suffit dans la grande majorité des cas, comme c’est le cas en France et dans la plupart des pays européens, où l’eau est strictement contrôlée sur le plan sanitaire. Il n’est donc généralement pas nécessaire de faire bouillir l’eau.
Des précautions supplémentaires peuvent toutefois être justifiées dans certaines situations : lorsque la qualité de l’eau potable n’est pas fiable, lors de voyages dans certains pays, ou chez des personnes présentant une sensibilité particulière des muqueuses. Dans ces cas, faire bouillir l’eau puis la laisser refroidir, ou utiliser une eau stérile, peut constituer une mesure de sécurité simple et raisonnable.
Hygiène du pot de neti : précautions essentielles
L’hygiène du pot lui-même est également importante. Après chaque utilisation, il est recommandé de bien rincer le pot de neti afin d’éviter l’accumulation de résidus et de bactéries. Un nettoyage plus approfondi plusieurs fois par semaine est conseillé, idéalement au lave-vaisselle ou à l’eau chaude avec un détergent doux.
Le pot de neti est un objet strictement personnel et ne doit pas être partagé, même au sein d’un même foyer. Comme pour toute pratique impliquant les muqueuses, le respect de règles d’hygiène simples permet de pratiquer le lavage du nez en toute sécurité et sur le long terme.
Quand et à quelle fréquence se laver le nez chez l’adulte ?
Pour un effet durable, le lavage du nez chez l’adulte est plus efficace lorsqu’il est utilisé régulièrement. Beaucoup d’utilisateurs l’intègrent dans leur hygiène personnelle matinale. D’autres préfèrent le répéter deux fois par jour et ajouter un lavage avant le coucher.
Lors d’une situation aiguë, comme un rhume ou en cas d’allergie, il est possible de se rincer le nez plusieurs fois par jour.
Dosage du sel pour le jala neti
Le lavage du nez se fait avec une solution physiologique. C’est une eau dont l’isotonie correspond à celle du sang, soit 0,9 % de sel. Pour bénéficier des vertus du lavage du nez, il est important de respecter exactement cette dilution. Le pot de neti, NoseBuddy que nous recommandons, est vendu avec une cuillère qui facilite cette mesure. Mais il est possible aussi de peser le sel, 9 g de sel pour un litre d’eau.
Si le taux de sel n’est pas respecté, ou bien si l’eau est trop froide ou trop chaude, cela irrite les muqueuses et le lavage est douloureux. L’eau doit être à 37 ˚C. Pour trouver la bonne température, l’eau doit être légèrement plus chaude que vos doigts.
L’idéal est d’utiliser du sel pur (chlorure de sodium), sans iode et sans antiagglomérants, mais un sel de table classique peut aussi faire l’affaire. Il faut préférer un sel fin car il se dissout plus facilement dans l’eau qu’un gros sel. Le sel de mer peut être utilisé, mais certaines personnes peuvent faire une allergie en présence de traces de pollen dans ce sel. Par contre, les sels de substitution ne peuvent pas être employés pour le neti.

Il existe du sel vendu spécifiquement pour l’usage de neti. Dans ce sel, il y a souvent un peu de bicarbonate ajouté. Le bicarbonate est un tampon qui rend l’eau plus fluide, il contribue à la dissolution du mucus. On peut aussi ajouter soi-même le bicarbonate (environ 2 ml par litre d’eau), mais ce n’est pas obligatoire et seulement une fraction d’utilisateurs de neti choisisse cette possibilité.
Huiles et herbes
Pour lubrifier les muqueuses, il est possible d’ajouter quelques gouttes d’huile dans l’eau. Une huile douce, comme l’huile d’amande, est à préférer. Dans ce cas, il faut déposer les gouttes d’huile directement dans le bec du pot. De cette manière, l’huile va entrer dans le nez avec la première eau. Si l’huile est ajoutée directement dans le pot, elle restera fixée et collera sur les parois intérieures du pot plutôt que de pénétrer dans le nez.
Dans l’Ayurveda, il existe également des variations où l’on se rince le nez avec des infusions d’herbes, toujours avec le taux de sel correct.
Sécher le nez après le neti
Après avoir effectué le lavage du nez, il est nécessaire de se sécher le nez sinon, il risque de rester de l’eau dans les fosses nasales. Il existe quelques petits exercices que l’on effectue en soufflant, de façon à diriger vers les narines l’eau qui reste. Si ces petits exercices ne sont pas réalisés à la suite du neti, l’eau va sortir ultérieurement, ce qui peut s’avérer embarrassant.
Lisez la brochure NoseBuddy pour des instructions complètes concernant le lavage du nez et son séchage.
A retenir
- Le lavage du nez (jala neti) est une technique traditionnelle du hatha yoga, aujourd’hui largement validée par la médecine moderne.
- Pratiqué avec une solution correctement dosée, une eau de bonne qualité et une hygiène adaptée, il est sûr et bénéfique chez l’adulte.
- Ses principaux effets reposent sur l’amélioration de la clairance mucociliaire et la réduction de l’inflammation des muqueuses.
- Les solutions isotoniques (environ 0,9 % de sel) sont les mieux tolérées pour un usage régulier ; des solutions légèrement hypertoniques peuvent être utiles dans certains contextes spécifiques.
- Comme toute pratique de soin, le lavage du nez gagne à être pratiqué avec régularité.
FAQ – Lavage du nez (jala neti)
Sources
Liu, L., Pan, M., Li, Y., Tan, G., Yang, Y., & Yang, Y. (2020). Efficacy of nasal irrigation with hypertonic saline on chronic rhinosinusitis: A systematic review and meta-analysis. Brazilian Journal of Otorhinolaryngology, 86(5), 639–646.
Succar, E. F., Turner, J. H., & Chandra, R. K. (2019). Nasal saline irrigation: A clinical update. International Forum of Allergy & Rhinology, 9(Suppl. 1), S4–S8.
Gandhi, K., Paczkowski, F., & Sowerby, L. J. (2024). Washing illness away: A systematic review of the impact of nasal irrigation and spray on COVID-19. The Laryngoscope, 135(3), 517–525.

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Christian Möllenhoff
Professeur de yoga et formateur d’enseignants, Christian est reconnu pour sa pédagogie rigoureuse et inspirante. Il est le professeur principal de l’école Yoga & Méditation Paris, le créateur du site Forceful Tranquility, et l’auteur principal de ce blog.
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