Matsyendrasana

Par Christian Möllenhoff  – publié le 31 août 2016

La posture matsyendrasana

Étymologie
Matsyendrasana, la torsion spinale, tient son nom du yogi mythique Matsyendranath, l’un des 84 maha siddhas. Matsyendranath était le maître de Goraknath considéré comme étant le fondateur de l’ordre de natha sampradaya, un ordre de yogis historiquement associé au hatha yoga. Cet ordre existe encore aujourd’hui, mais le savoir du hatha yoga a largement été perdu parmi ses adhérents.

Selon une légende, Matsyendranath aurait entendu secrètement le dieu Shiva enseignant le yoga à son épouse Parvati. C’est avec ce savoir, acquis par hasard, que le yogi fonda le hatha yoga.

Matsyendranath est sans doute une personne ayant historiquement existée, mais vérité et légende se sont confondues. Dans le yoga, Matsyendrasana n’est pas la seule posture tirant son nom d’un grand sage. Et il est peu probable que ce soit lui qui l’ai inventé.

Histoire
Dans les premiers textes fondateurs du hatha yoga, les asanas tels qu’on les connait aujourd’hui, étaient inexistants. Asana signifie « assis » ou « siège ». Dans les premiers textes, les asanas décrits sont notamment des postures de méditation et des postures assises.

Matsyendrasana est décrit dans Hatha Yoga Pradipika. C’est le premier texte qui décrit des postures non uniquement dédiées à la méditation. Ce type d’asana marque le début du développement vers des asanas s’éloignant de plus en plus des postures de méditation.

Comment effectuer Matsyendrasana
La posture commence en position assise, les jambes allongées devant soi. Commencer par placer le pied droit sur le coté extérieur du genou gauche. Puis, plier la jambe gauche en arrière en plaçant le talon contre la hanche droite. Le torse est tourné à droite. Le coude gauche est placé sur le coté extérieur du genou droit. Si cela est possible, saisir le pied droit de la main gauche. L’avant-bras droit est derrière le dos.

Variations
Il existe plusieurs variations de cette posture. La variation décrite ci-dessus est la plus courante, elle s’appelle ardah matsyendrasana. La variation complète, purna matsyaendrasana, est considérablement plus difficile. Au lieu de placer le talon plié à coté de la hanche, on le place sur la cuisse opposée.

Bienfaits
Afin de rester immobile pour de longues méditations, il est important pour le yogi de garder sa colonne vertébrale en bonne santé. La torsion spinale assouplit les muscles le long de la colonne vertébrale et dans le bas du dos. Les muscles sont étirés et relâchés, ce qui améliore la circulation sanguine. Les organes du ventre, doucement massés, aident à la digestion.

Chakras et flux énergétiques
Dans la colonne vertébrale se trouvent selon la théorie du hatha yoga, certains des centre psychiques principaux. Ces derniers, autrement nommés chakras, sont liés par trois flux énergétiques qui montent le long de la colonne vertébrale, de muladahara chakra (au dessus du périnée), jusque à anja chakra (au milieu de la tête). Ces flux sont ida, pingala et sushumna nadi.

Le chakra de concentration de la posture est ajna chakra. Matsyendrasana augmente le flux de prana dans le chakra et facilite le ressenti de celui-ci. Pour intensifier l’expérience d’ajna chakra, Shambavi mudra, la fixation du regard dans le point inter-sourcilier, est souvent effectué dans la posture.

Durée
Matsyendrasana se pratique normalement au sein d’un programme de postures classiques. Typiquement, un débutant reste une à deux minutes sur chaque coté, mais il est possible de prolonger cette durée jusqu’à dix minutes par coté.

Remerciements :
Mona Bessaa, pour la relecture.