La réponse de relaxation

Par Christian Möllenhoff – publié le 17 mai 2014

Bouton indiquant le besoin de relaxation

La pression, les influences et les sollicitations de la vie quotidienne moderne, déclenchent les mêmes réactions physiques que des situations physiquement dangereuses. Quand le stress persiste, le système nerveux perd sa capacité naturelle à rétablir son équilibre. La réponse de relaxation, évoquée par exemple par la méditation, permet de sortir de cette situation.

La réaction lutte ou fuite
La réaction lutte ou fuite est une réaction psychosomatique déclenchée par des évènements perçus comme menaçants. Grâce à une cascade hormonale et une activation du système nerveux sympathique, elle nous prépare à l’action. Soit se battre, soit fuir.

Très importante dans des situations physiquement dangereuses, cette réaction est mal adaptée à la plupart des situations de la vie moderne. Lorsqu’elle est déclenchée trop fréquemment, elle nuit à la santé physique et mentale. A terme, elle devient dangereuse. Cette réaction est responsable de l’un des plus grands problèmes de santé dans le monde d’aujourd’hui et concerne l’aspect physiologique du stress.

Le stress est censé supprimer, temporairement, des processus biologiques afin que la personne puisse mieux se concentrer sur la situation stressante. Une situation prolongée de cet état provoque une variété d’effets physiques et psychiques négatifs.

La réponse de relaxation
Dans les années 60, le Dr Herbert Benson, chercheur à la Harvard Medical School, découvrit un opposé à la réaction lutte ou fuite. Contacté par des pratiquants en méditation qui se prétendaient capables de diminuer leur pression sanguine grâce à la méditation, le Dr Benson, sceptique, accepta avec appréhension de les examiner.

C’est ainsi qu’il observa que durant la méditation, des changements physiologiques importants et inattendus se manifestaient : diminution de la fréquence cardiaque et respiratoire, diminution du métabolisme, activation du système nerveux parasympathique, apaisement de l’activité cérébrale et, à terme, baisse de la pression sanguine. Le Dr Benson a nommé cette réaction, la réponse de  relaxation (en anglais the Relaxation Response).

Après une situation stressante où le corps a dû être performant, celui-ci doit se régénérer. La réponse de relaxation assure cette régénération, ce rétablissement. Une guérison naturelle se produit.

Cependant, une personne soumise sans cesse à des stimuli stressants devient trop influencée par le système nerveux sympathique et les fonctions reposantes naturelles s’affaiblissent. Le Dr Benson estime qu’aujourd’hui, plus de 60 % des consultations en médecine générale sont dues à un déséquilibre dans cette activité. Un déséquilibre qui pourrait être traité de manière efficace par une technique visant à déclencher la réponse de relaxation.

Comment évoquer la réponse de relaxation ?
Pour accéder à une véritable relaxation, il ne suffit pas de s’assoir dans un bar avec de bons amis et une bonne bière ou de s’affaler dans le canapé, devant la télé. Même si cela peut être sympathique, aucune des réponses physiologiques induites par la relaxation n’est produite. Pour y parvenir, il faut une technique qui rompt le flux de pensées automatiques. Et, afin que la technique soit efficace, le Dr Benson définit deux pré-requis :

1. Il faut un point d’encrage. Par exemple, répéter un mantra, fixer le regard sur un point, répéter un mouvement, suivre la respiration.

2. Il faut une attitude passive devant les pensées qui vont inévitablement surgir. Il faut les remarquer mais les abandonner,  et de nouveau,  se consacrer à la technique.

Ces critères sont présents dans de nombreuses techniques de méditation issues de diverses traditions dans le monde entier, y compris à travers les techniques que nous enseignons à Yoga & méditation Paris.

La réponse de relaxation au niveau moléculaire
La découverte de cette réponse de relaxation sur le système nerveux, n’en était, à l’époque révolutionnaire, qu’à ses débuts. Les nouvelles technologies ont permis depuis, d’autres découvertes et la réponse de relaxation semble de plus en plus puissante.

Des scientifiques travaillant avec le Dr Benson et attachés à la Harvard Medical School ont découvert que les changements physiologiques ne se limitaient pas au système nerveux. Même à un niveau moléculaire, la relaxation produit des changements. Par exemple, le taux bénin d’oxyde nitrique augmente dans tout le corps ; il constitue une protection contre les microbes, les problèmes cardiovasculaires et immunitaires.

La réponse de relaxation au niveau génétique
En 2008, le Dr Benson et son équipe ont utilisé les dernières technologies en matière de recherche  génétique pour savoir si la réponse de relaxation influençait l’expression génétique. Celle-ci permet de déterminer quels gènes sont actifs et lesquels sont passifs.

Deux groupes, de mêmes niveaux d’âge, de mêmes conditions physique et socio-économique ont été comparés. Le premier groupe était constitué d’hommes sans expérience. Le deuxième groupe comprenait des pratiquants expérimentés dans des  techniques telles que le yoga, la méditation et la prière répétitive.

Une technologie éprouvée et fiable, permettant d’analyser l’activité des gènes, a été employée afin d’établir s’il y avait une différence entre les groupes. Des prélèvements sanguins ont été effectués sur chaque participant afin d’analyser la matière génétique.

Des différences importantes entre les pratiquants expérimentés et le groupe témoin de non-méditant ont été relevées. En comparaison avec ce dernier groupe, 2209 gènes s’exprimaient de façon différente dans le groupe expérimenté. Les gènes concernés étaient liés à des problèmes relatifs au stress : mauvaise régulation du système immunitaire, inflammation, vieillissement prématuré, affinement du cortex cérébral. Dans le groupe des pratiquants ces gènes étaient inactifs.

Dans la suite de cette expérimentation, le groupe de personnes n’ayant jamais pratiqué une technique de relaxation, a eu pour instruction d’établir une routine de 20 mn de pratique quotidienne durant une période de huit semaines. A l’issue de cette phase, le groupe a été de nouveau testé. Il s’avéra que l’expression dans 1561 gènes avait changé ; les deux groupes se sont rapprochés.  La probabilité que les résultats obtenus soient dus au hasard est inférieure à un sur dix milliards.

Ces résultats ont depuis été confirmés par d’autres études. Ainsi, une étude publiée en 2013 dans la revue  Psychoneuroendocrinology par le Dr Richard Davidson, met en évidence comment ces modifications dans l’expression génétique, peuvent se manifester après seulement une journée de méditation intense.

Des preuves indéniables
Grâce à ces études, et à d’autres encore, ayant permis de mettre en évidence les bénéfices de la méditation et des techniques évoquant la réponse de relaxation, les avantages sont maintenant scientifiquement bien établis. Les effets de ces techniques sont mesurables et reproductibles. La même science qui a évalué l’efficacité des produits pharmaceutiques a prouvé que le mental peut guérir le corps.

Selon le Dr Herbert Benson, il suffit d’une ou deux sessions quotidiennes de 20 mn pour annuler les effets négatifs du stress quotidien. Mais il est bien évident que des séances plus longues procurent des effets plus importants encore.

Les bénéfices sur la santé
Les techniques évoquant la réponse de relaxation peuvent guérir des maladies provoquées par le stress et d’autres états psychosomatiques. Voici en particulier quelques symptômes susceptibles d’être améliorés :

  • Dépression
  • Hypertension artérielle
  • Infertilité
  • Insomnie
  • Nausées
  • Douleurs
  • Maladie de Parkinson
  • Phobies
  • Vieillissement prématuré
  • Contractions ventriculaires prématurées  (trouble du rythme cardiaque)
  • Angine de poitrine (ou angor : symptôme cardiaque caractéristique de la maladie coronarienne et s’exprimant par une douleur thoracique)
  • Syndrome prémenstruel

Remerciements :
Mona Bessaa, pour la relecture.